WoodAlps

Deux BRANCHY sur les pistes de l'Atlas

Arnaud P.

Deux BRANCHY sur les pistes de l'Atlas

Il y a quelques mois, après avoir traversé les Alpes à vélo gravel, j’ai publié un message dans un groupe Facebook dédié au gravel pour chercher des idées de nouvelle aventure.

Guillaume — que j’avais rencontré en route — m’a reconnu et m’a recommandé la partie sud de la Route des Caravanes. (Il faut dire que rouler sur un vélo en bois WOODALPS aide à se faire remarquer…)

Bingo. Cela faisait des années que je rêvais d’explorer l’Atlas à vélo.

L’itinéraire est remarquablement bien documenté sur Bikepacking.com, et très vite, une évidence s’est imposée : ce serait celui-là.

Nous avons parcouru 1 400 km en 18 jours, de Tiznit à Beni Mellal, à travers des paysages qui nous ont laissé sans voix du début à la fin. Nous avons tout connu : la chaleur écrasante du désert, les pistes interminables des hauts plateaux de l’Atlas, les immenses lacs asséchés, le froid mordant à près de 3 000 mètres d’altitude, la neige, des pluies torrentielles, des orages impressionnants, des traversées de rivières et de longues journées sans croiser âme qui vive… hormis quelques ânes et des chiens errants, dont certains ont bien failli nous mordre les mollets.

Une aventure totale, intense, dont nous nous souviendrons longtemps. (Même si j’ai perdu ma caméra en route… donc pas de film cette fois.)

Côté matériel, nous roulions sur nos vélos gravel WOODALPS à cadre en bois, montés avec des pneus de 45 et 50 mm. Honnêtement, c’est le strict minimum pour ce parcours : les pistes de l’Atlas et du désert sont particulièrement exigeantes.

À contre-courant des recommandations habituelles pour le voyage à vélo, j’avais choisi un groupe SRAM Force AXS (38/44). Il s’est révélé étonnamment fiable, avec une autonomie comprise entre 400 et 600 km par charge. J’emportais deux batteries ainsi qu’un chargeur.

Certains diront que j’étais chargé comme une mule — et ils n’auront pas tort. Nous devions transporter beaucoup de nourriture, notamment parce que ma femme est intolérante au gluten, ce qui rendait la répartition des charges peu équilibrée entre nos deux vélos. Mais il fallait aussi être prêts à affronter des conditions extrêmement variées.

Mon pneu avant tubeless n’a tenu que deux jours avant d’être lacéré par une pierre tranchante. J’ai dû repasser en chambre à air pour le reste du voyage : le pneu était irréparable. Impossible également de monter mon pneu de secours en tubeless : il n’était plus neuf, légèrement détendu, et nous n’avions pas de cartouches de CO₂ — interdites en avion.

Nous avons principalement bivouaqué, mais nous dormions parfois dans de petites auberges pour recharger les batteries et profiter d’une vraie douche. Quant au panneau solaire, il s’est montré assez peu efficace — probablement à cause d’une orientation rarement optimale et des vibrations permanentes.